ÉCHOS DE L’ETE

Quel bonheur d’avoir pu lancer ensemble, malgré toutes les craintes que la situation sanitaire faisait peser, le premier Festival des arts de paroles !
Cet événement s’est ouvert par la formation théâtrale : la Master Class « Art de la parole » qui s’est déroulé les 2, 3 et 4 juillet au Temple de
Cabrières-d’Aigues et dont on a pu apprécier le résultat lors de l’inauguration.
Il s’est poursuivi par une conférence débat autour de l’agro-écologie, où des acteurs de terrains ont pu présenter leur pratique, entre joie et difficultés pour offrir une alimentation
saine, locale, respectueuse de l’environnement, et financièrement accessible ! Puis, nous avons invité le public à 5 représentations théâtrales du spectacle ‘Ecolo Swing’ de la troupe Sketch-Up et Cie*
Et sur cet élan, durant tout l’été, deux journées par semaine, le Temple de Lourmarin ouvrait ses portes. Il accueillait toutes personnes franchissant son seuil à découvrir 4 espaces déclinant l’art de la parole :Expoésie : poèmes issues de protestants d’hier et d’aujourd’hui,vaudoise d’hier à aujourd’hui,Exposition autour de la « la foi comme… »,et un espace de silence et de prières (photo ci-dessous).
En enfin, même si on l’oublie tant parfois cela semble ‘normal’, il y a les cultes du Dimanche matin. Nos paroles humaines, dans les chants, les prières, les silences intérieurs, viennent s’abreuver à celle que Dieu
nous adresse, dans la médiation et la célébration partagées !
Nous ne nous sommes pas encore retrouver pour faire le point, mesurer les forces et les faiblesses de ces rencontres d’été dans le Luberon.
Mais d’ores-et-déjà, nous nous réjouissons des contacts pris, des rencontres vécues, des liens tissés… Alors MERCI (immense merci !!!) à toutes celles et ceux, nombreux, qui sont venus pour aider, participer, animer, assister à l’un ou l’autre de ces rendez-vous, et ont ainsi contribué à donner VIE à notre désir d’être présent, accueillant, et de tout simplement témoigner de notre foi en un Dieu. Lui qui est très simplement présent et accueillant dans notre histoire d’hier à aujourd’hui… Un véritable festival d’espérance ! Merci ! 
Stephen BACKMAN
*Extrait de réaction sur la page facebook ‘LourmarinLourmarin’ : Une équipe de choc au Temple de Lourmarin. Spectacle qui a force de rimes et de beaux mots entremêlés nous transmets un portrait de l’humanité dans son environnement actuel. Nombre de caricatures au vitriol, du rire aux yeux embués de conscience, nous nous baladons au rythme du violoncelle captivant, dans ce vide intérieur de la nature humaine, qui n’est pas au centre du tout comme elle se l’imagine. Humour et tendresse sont aux rendez-vous, ne les ratez pas !
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EDITORIAL

« Tous les pasteurs le constatent : chacun voit de plus en plus midi à sa porte, y compris dans l’Eglise. La tendance consumériste s’accentue et atteint même le domaine religieux : chacun.e vient voir le pasteur (éventuellement vient au culte ou autre) pour satisfaire sa
propre recherche, ses besoins religieux personnels, familiaux ou de son groupe d’affinité… Mais de là à s’engager dans une dynamique collective, avec la conscience que l’Église est une communauté où je ne viens pas seulement puiser ce qui m’arrange mais également participer à un élan communautaire, c’est autre chose ! Une toute petite minorité en est consciente… et s’épuise à servir les autres.
Le programme F.E.T.E. (Faire Église de Témoins Ensemble) a pour objectif d’inverser la vapeur, de permettre à tous et toutes de prendre joyeusement sa part, pour que l’Église soit à la fois un lieu où chacun.e (comme il /elle est !) puisse se reposer intérieurement et participer au rayonnement du message du Christ, si libérateur : pourquoi n’y aurait-il que vous qui en profiteriez ? Comment permettre à d’autres de l’entendre ? 
Se libérer du consumérisme religieux (je prends ce dont j’ai envie) et égoïste (je veux une Église à mon image), c’est possible, et c’est libérateur… et ça fait du bien à d’autres ! Alors ?
Alors RdV le 3 octobre 10h30/12h30 + repas à Pertuis pour le lancement « .

Pasteurs Gill Daudé – Stephen Backman
Église Protestante Unie du Luberon-Val de Durance-Pays d’Aix
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La compassion en période de pandémie…

La compassion pendant la peste de Marseille en 1720

L’arrivée brutale de la peste à Marseille en 1720 est due à la rupture de la quarantaine appliquée aux vaisseaux venant des Echelles du Levant, où la peste, disparue en France, était encore endémique. Le Grand Saint Antoine, navire commandé par le capitaine Chataud, fit de fausses déclarations bien que sept passagers soient morts pendant la traversée : si bien que  les soieries et cotonnades destinées à la foire de Beaucaire furent débarquées. La peste se répandit rapidement dans la ville, et la parlement d’Aix interdit de sortir de la ville « sous peine de la vie ». Deux possibilités s’offrirent aux Marseillais : se confiner,  ce qui fut le cas de certaines communautés religieuses et de l’administration des galères, ou suivre l’adage hippocratique : partir vite, aller loin et revenir tard, ce que firent beaucoup de nobles et de bourgeois aisés qui se réfugièrent dans leurs bastides et leurs campagnes avant qu’un cordon de troupes en empêche la sortie.

          L’attitude des religieux fut variable : les chanoines de Saint-Victor et les Dominicaines choisirent la réclusion. Les ordres prêcheurs et les curés des paroisses restèrent près des fidèles avec compassion, leur distribuant les derniers sacrements, bien que les églises soient fermées, les processions et les cérémonies funèbres supprimées. Ils payèrent un lourd tribut à la peste.  

L’évêque de Marseille Henri-François-Xavier de Belsunce de Castelmoron était né en 1671 au château de la Force, près de Bergerac et avait été élevé dans la religion réformée. Ses parents loyalistes et leurs enfants abjurèrent à la révocation de l’Edit de Nantes. Il fut donc élevé par les jésuites du collège Louis-le-Grand à Paris et devint lui-même jésuite, puis grand vicaire à Agen et enfin évêque de Marseille en 1709. Il a laissé le souvenir d’un prélat dévoué à ses ouailles et d’un grand courage. Il ordonna le 15 juillet 1720 d’adresser des prières à Saint-Roch, le saint de la peste ; il plaça Marseille sous la protection du Sacré-Cœur de Jésus le 22 octobre ; le 16 novembre, il monta en haut du clocher des Accoules pour donner sa bénédiction à la ville et lancer les exorcismes liturgiques. Il n’hésita pas à se rendre rue des Escales et dans les quartiers durement frappés sans craindre la contagion et fit distribuer les revenus de son diocèse et de sa cassette personnelle  pour secourir et nourrir les Marseillais. Il  n’était cependant pas très aimé de ses contemporains car il avait pris une part active à la querelle des sacrements, et persécutait les jansénistes. Il s’en prit aussi aux Oratoriens, ennemis des jésuites et aux Présentines en conflit avec le Saint-Siège. Ce qui lui valut cette saillie du Régent : « Voilà un saint qui a bien de la rancune ! ».

L’épidémie entraina une disette, car la ville était confinée, car de nombreuses boutiques étaient fermées, et car peu de maraîchers se présentaient aux portes de la ville. Un élan de solidarité se produisit : des villes comme Montpellier, le pape Clément XI et le Régent envoyèrent des secours en numéraire ou en blé, car le trafic portuaire était totalement interrompu. Les médecins et les chirurgiens  qui ne s’étaient pas enfuis payèrent un lourd tribut, tout comme les curés et les frères des ordres prêcheurs.  Il y eut en septembre 1720 mille morts par jour. Les hôpitaux étaient débordés, les rues encombrées de mourants et de cadavres, la plupart morts sans confession et sans les secours de l’église.  

Les autorités civiles firent face à la grande mortalité sous la direction du commandeur Langeron, chef d’escadre des galères, qui assura le commandement de la ville sur ordre du Régent : avec l’aide du Chevalier Roze, Il fit évacuer des rues des cadavres de pesteux, avec l’aide des galériens qui firent office de corbeaux, et creuser de vastes fosses communes aux portes de la ville et dans le bastion de la Tourette. Ces malheureux forçats des galères réquisitionnés moururent pour la plupart, mais les survivants, à qui on avait promis la liberté, ne la recouvrirent pas toujours : on ne sait pas si des galériens pour la foi furent concernés. Il réorganisa la milice pour mettre fin à l’insécurité (vols, extorsions, assassinats) suite à la désorganisation sociale.    La peste dura jusqu’au 28 mai 1721 : elle toucha 90.000 personnes et fit 39.134 victimes. Comme lors de nombreuses autres grandes épidémies, la peste à Marseille entraina à la fois des réactions de fuite, de répulsion, mais aussi de compassion.

Dr Jean VITAUX, Conseiller  Presbytéral, Correspondant de l’Institut

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Une terre de mutations

Les terres dont il sera question ici sont celles qui s’étendent au Sud du Luberon jusqu’à la Durance.

Au début de notre histoire (en fin du 14ème siècle), ces terres appartiennent au Comte de Provence.

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Terres agricoles, elles sont cultivées dans les coteaux par des restanques (étages ou traversiers). Cela demande un gros travail de construction avant de pouvoir mettre en culture la terrasse.

Pourquoi pas de cultures dans la vaste vallée de la Durance vous demanderez-vous ?

A cause des inondations quasi systématiques au printemps lorsque la fonte des neiges des Alpes du Sud grossit le lit de la Durance au point d’inonder toute la vallée.

Ne cherchez pas plus loin la raison de l’absence de tout village historique dans la vallée de cette redoutable faucheuse qu’a été la Durance des siècles durant.

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